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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 11:41

notre lecteur Alain Heurtel de l'association ASEVI nous envoie ses réflexions sur le compostage.

Nous rappelons à cette occasion que les textes publiés n'engagent que leurs auteurs.

~~Les composteurs de jardins et… les rongeurs. Dans le but de diminuer de 7,5% en 5ans (une obligation légale) des quantités d’ordures ménagères à bruler et plus encore les déchets verts, les communes et les syndicats mixtes ont incité fortement les jardiniers à composter au jardin en ville. Excellente idée que de recycler à la source, encore faut-il savoir la mettre en pratique ! Ils ont vendus ces composteurs à prix réduit sans que, souvent, les utilisateurs aient fait le stage de formation dédiée. Car le compostage ne démarre pas automatiquement et peut dégager une odeur, bien caractéristique, d’œufs pourris. En effet, les vers doivent apprendre à remonter depuis la terre et se multiplier pour décomposer la matière végétale. Et les bactéries, qui complètent le travail, doivent aussi s’y installer. Le bon équilibre entre matière carbonée et azotée, laquelle s’évapore, n’est pas facile à trouver au démarrage. Il faut, presque toujours, y ajouter un activateur à base d’engrais et d’azote, vendu à prix d’or en jardinerie. On sait qu’il ne faut pas y mettre de terre laquelle étouffe la réaction de décomposition, qu’il ne faut pas le brasser, mais juste remuer la surface. A savoir aussi : - Il faut 18 mois pour faire un compost ressemblant au terreau du commerce. - Il ne faut pas y mettre de plantes en graines, les orties par exemple, ni les feuilles malades ou traitées, car la température atteinte n’est pas suffisante pour détruire graines, spores et produits chimiques. - Il ne faut surtout pas y mettre de déchets carnés pour éviter sa colonisation par les rongeurs. Quand ce sont les souris, passe encore, mais ce sont maintenant les rats gris ou surmulots qui les peuplent. On voit en surface le trou de la cheminée qui leur permet de respirer, signe de leur présence. Ils sont au chaud l’hiver, à la limite du compost formé et de la matière en décomposition, leur nourriture. Au printemps, ils n’hésitent pas à se promener sur les pelouses. Or ces rats, même si ce ne sont plus les rats noirs, responsables de la peste bubonique, véhiculent les méningites parasitaires, la leptospirose (jaunisse), la clonorchiase (douve du foie) etc. Pour lutter contre ces rongeurs, la solution qui vient à l’esprit est l’ajout d’une grille à pas fin au fond des composteurs. Difficile alors d’enlever le compost à la pelle sans la briser ! Aussi, bien des jardiniers utilisent encore un composteur de leur fabrication, tout simple : 3 murs de briques dans un coin du jardin. Peut-être encore la meilleure solution. Tout n’est donc pas aussi simple que ces syndicats veulent bien le dire : il n’y a donc pas que des avantages à composter soi-même, au regard des problèmes sanitaires potentiels posés. Tous ces points devraient être abordés lors du stage initial de formation, puis lors d’un deuxième stage 6 mois après, pour compléter le premier. Signalons que certains syndicats intercommunaux organisent d’autres stages, bien faits, à destination des associations, afin d’apprendre, notamment, à cuisiner les légumes périmés et à fabriquer des produits de nettoyage naturels. En attendant, ces syndicats ou les communes devraient mettre à disposition du public, des activateurs de compost à petit prix et des appâts pour rongeurs, en attendant d’avoir développé un nouveau modèle de composteur « résistant aux rongeurs ». La colonisation par les rongeurs est bien actuellement la limite du compostage en ville. Alain Heurtel

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Published by biodiversite91.over-blog.com
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